Witkoff, l’envoyé qui s’enrichit en prêchant la paix
Nommé par Donald Trump pour négocier la paix au Moyen-Orient, en Ukraine et avec l’Iran, le promoteur immobilier new-yorkais a vu sa fortune personnelle bondir de 15 % en moins d’un an.
Si prôner la paix demeure, selon les saintes écritures, un geste empreint de noblesse et de reconnaissance, personne n’aurait imaginé qu’il puisse être aussi lucratif. Steve Witkoff, lui, semble en tout cas toucher le gros lot.
Propulsé par son ami Donald Trump au rang d’émissaire spécial pour le Moyen-Orient, puis pour les missions de paix, cet ex-avocat d’affaires voit son compte en banque s’étoffer à un rythme parfois plus soutenu que ses déplacements entre Moscou, Tel-Aviv et Oman.
D’après les estimations de Forbes, la fortune de ce promoteur immobilier new-yorkais devenu diplomate d’envergure a bondi de près de 15% en moins d’un an, passant de 2 à 2,3 milliards de dollars.
« A l’évidence, le négociateur préféré de Trump fait moins prospérer la paix que ses affaires », ironise l’historien Jean-Pierre Filiu dans Le Monde à propos de celui qui, reconnaissons-le, possède un réel talent pour conclure des accords là où tant d’autres échouent.
Crypto, tokens et pétrodollars du Golfe
Au cœur de son enrichissement se trouve la World Liberty Financial (WLFI), une société de cryptomonnaies co-fondée par ses fils Zach et Alex, en association avec les fils de Donald Trump : Don Jr., Eric et Barron.
Une configuration familiale qui, à elle seule, concentre toutes les interrogations sur les conflits d’intérêts potentiels au sein de l’actuelle administration américaine. D’après Forbes, les ventes de tokens WLFI ont rapporté environ 130 millions de dollars aux Witkoff.
À cela s’ajoute la cession de la moitié de leurs parts à AREM Investment, un fonds lié au cheikh émirati Tahnoon bin Zayed Al Nahyan, proche du pouvoir à Abou Dhabi, pour un montant avoisinant les 48 millions de dollars nets, d’après les révélations du Wall Street Journal.
De Twitter à SpaceX : le pari à 100 millions
Steve Witkoff conserve également une part estimée à 6,4% dans USD1, le stablecoin émis par World Liberty, adossé au dollar américain et garanti par des bons du Trésor. Une participation valorisée par Forbes à environ 60 millions de dollars.
Sa famille détient par ailleurs près de 375 millions de tokens WLFI encore gelés, représentant quelque 42 millions supplémentaires. Au total, l’aventure crypto aurait ainsi injecté près de 280 millions de dollars dans ses actifs. Une croissance largement favorisée par ses connexions familiales et politiques avec la Maison Blanche.
L’autre investissement judicieux à son actif remonte à octobre 2022. Alors qu’Elon Musk finalisait le rachat de Twitter, Witkoff s’engage à hauteur de 100 millions de dollars, obtenant environ 0,3% du capital de ce qui allait devenir X. À l’époque, la plateforme était estimée à 31 milliards de dollars, dette nette déduite.
Depuis, l’homme d’affaires a vu sa mise initiale grimper à environ 210 millions de dollars, porté par la valorisation vertigineuse de SpaceX – aujourd’hui évaluée à 1 250 milliards – devenue la maison mère de X et de xAI, la division d’intelligence artificielle d’Elon Musk.
