Au Roayume-Uni, Nigel Farage dans la tourmente d’une affaire de financement politique
Le leader de Reform UK est accusé d’avoir manqué à ses obligations de transparence concernant la réception d’un « don » reçu d’un investisseur en cryptomonnaies juste avant son élection au Parlement britannique.
De quoi Nigel Farage est-il le nom ? N’est-il qu’un populiste d’extrême droite prêt à renier les principes qu’il revendique publiquement pour servir ses intérêts personnels ? C’est ce que cherche désormais à établir le régulateur britannique des normes parlementaires.
L’institution a en effet ouvert une enquête visant la figure emblématique du Brexit et leader du parti Reform UK. L’objectif : déterminer si le député a enfreint les règles de transparence en omettant de déclarer un don.
Selon les révélations du Guardian, une somme de 5 millions de livres aurait été versée à Farage quelques mois avant son élection au Parlement en 2024 par Christopher Harborne, un investisseur britannique spécialisé dans les cryptomonnaies et installé en Thaïlande.
Problème : le chef de Reform UK n’aurait jamais déclaré cette transaction aux autorités compétentes, en contradiction avec les obligations imposées aux parlementaires.
Un don controversé d’un magnat des cryptomonnaies
La réglementation impose en effet à tout nouveau député de déclarer l’ensemble de ses intérêts financiers ainsi que les avantages reçus au cours des 12 mois précédant son élection.
« Cet argent m’a été donné sans aucune condition — absolument aucune — mais, honnêtement, il s’agit d’une reconnaissance pour 27 années de campagne en faveur du Brexit », a réagi Nigel Farage dans une vidéo transmise le jeudi 14 mai au Sun.
Il affirme avoir utilisé ces fonds pour financer sa sécurité personnelle. Fait notable, le député avait pourtant déclaré un autre don d’environ 10 000 livres provenant du même Christopher Harborne en avril 2024, avant son entrée au Parlement.
Une incohérence relevée par le Financial Times. Environ deux tiers du financement de Reform UK l’an dernier provenaient d’ailleurs de cet investisseur, selon les données de la Commission électorale citées par Reuters.
Des sanctions potentiellement lourdes
« Personne ne peut m’acheter », assure le parlementaire, alors que ses détracteurs dénoncent une attitude contradictoire. Cette affaire intervient à un moment où Reform UK progresse dans les intentions de vote et s’impose comme un acteur politique de plus en plus influent à l’approche des prochaines échéances nationales.
Dans le même temps, le Parti travailliste au pouvoir traverse une période de turbulences. Les conséquences pourraient s’avérer lourdes pour Nigel Farage. Le Commissaire parlementaire aux normes, Daniel Greenberg, dispose d’un éventail de sanctions allant du simple avertissement à une exclusion de la Chambre des communes.
Mais cette procédure pourrait ne pas être la seule à laquelle le dirigeant devra faire face. La Commission électorale britannique examine également le dossier et devrait prochainement décider de l’ouverture, ou non, d’une enquête distincte.
