Royaume-Uni : Andy Burnham recule sur l’impôt
Le nouveau Premier ministre britannique supprime la TVA sur l’électricité, mais renonce à alléger l’impôt sur le revenu. Le financement de cette première mesure, resté flou, menace déjà la crédibilité de son gouvernement.
Deux jours après son entrée en fonction, le nouveau locataire de Downing Street a déjà dû revenir sur l’un de ses engagements. Alors qu’Andy Burnham avait laissé entendre qu’il souhaitait alléger la pression fiscale pesant sur les classes moyennes, son gouvernement a finalement renoncé à relever le seuil de l’impôt sur le revenu, gelé depuis cinq ans à 12 570 livres.
Selon l’entourage du Premier ministre, cité par le Financial Times (FT), il n’y aurait pas de revirement à proprement parler, cette option n’ayant jamais figuré dans les plans initiaux. Sur le plan économique, l’exécutif a néanmoins annoncé plusieurs mesures en faveur du pouvoir d’achat, parmi lesquelles la suppression de la TVA de 5% sur les factures d’électricité et une réduction des tarifs de bus.
Ces annonces ont toutefois été fragilisées par des interrogations sur leur financement, dont le coût est estimé à environ 850 millions de livres pour l’exercice 2026-2027, sur la base des prix anticipés de l’électricité, selon le FT
Des mesures généreuses, mais peu ciblées ?
« On ne nous a pas vraiment expliqué aujourd’hui d’où provient cet argent. Il est soit temporaire, soit non financé », souligne Ruth Curtice, directrice générale du groupe de réflexion Resolution Foundation, interrogée par le Financial Times.
Downing Street assure que ces mesures seront financées par l’abandon du programme d’identification numérique, censé générer 1,8 milliard de livres d’économies sur trois ans. Mais plusieurs voix critiques relèvent que ce dispositif n’avait, en réalité, jamais bénéficié d’un budget alloué. Autrement dit, réaliser des « économies » sur un projet inexistant ne permet pas de financer concrètement la baisse de TVA.
Selon l’émission Peston sur ITV News, le choix d’apporter un soutien indistinct à l’ensemble des ménages, y compris les plus aisés, tranche nettement avec l’approche de Keir Starmer, qui avait privilégié des mesures ciblées, quitte à susciter une impopularité durable en supprimant l’allocation universelle de chauffage pour les retraités.
Une approche peu ambitieuse ?
Cette stratégie, si elle réduit le risque politique à court terme, est jugée peu ambitieuse au regard des standards habituels d’un début de mandat.
Les analystes rappellent que les grandes réformes structurantes — qu’il s’agisse de l’indépendance de la Banque d’Angleterre sous Tony Blair ou des mesures marquantes de Donald Trump aux États-Unis — sont généralement engagées dès les premiers jours, sous peine de ne jamais voir le jour.
Face aux critiques, le chef du gouvernement met en avant la discipline budgétaire. « Nous devons faire preuve de rigueur, nous devons démontrer que notre engagement envers les règles budgétaires est réel », a-t-il déclaré aux ministres lors de sa première réunion de cabinet, selon le FT.
