En France, l’offre locative s’effondre

Trouver un logement s’apparente de plus en plus à un casse-tête, dans un secteur devenu de moins en moins attractif pour les propriétaires.

« Je ne pensais pas que ce serait aussi agressif. En revenant à Paris, je me rends compte que le marché est très bouché. » Sandra De Zorzy n’en revient pas de devoir autant batailler pour trouver un appartement à louer.

Depuis son retour de l’étranger, elle affirme pourtant avoir déjà répondu à une cinquantaine d’annonces, sans succès. Cette situation, relayée dans un reportage de France TV, est loin de se limiter à la capitale.

Partout, ou presque, en France, le scénario est le même pour les candidats à la location depuis quelques temps : un parcours de longue haleine qui se solde assez souvent par un échec, surtout lorsque l’intéressé tarde un peu à se décider.

« Il n’y a pas que nous qui cherchons et, du coup, plus on avance dans le temps, plus on se dit qu’il ne va plus rien rester », affirme la mère d’Alex Novou, dit « Picot », un étudiant rencontré fin juillet par France 2 à Lille, à la recherche d’un logement.

Une offre en chute libre

Au total, 70 personnes ont manifesté leur intérêt pour le logement visité par Sandra, disponible à 997 euros par mois. Un chiffre que l’agent immobilier Pablo Estan juge « assez classique ».

« À partir de 150 à 200 demandes en une journée, on commence à avoir beaucoup de candidatures », explique-t-il. Le marché est si resserré que la moindre annonce publiée sur les plateformes spécialisées est immédiatement prise d’assaut par les demandeurs.

C’est que le secteur traverse une crise marquée, notamment, par une division par plus de 2,5 du nombre de logements proposés à la location depuis 2019, selon une étude de l’Observatoire immobilier Bien’ici, citée par BFMTV.

Le phénomène s’étend à toutes les grandes villes, métropoles et régions. Certaines enregistrent des baisses de 50%, 60%, voire 70% de leur parc locatif disponible. Parallèlement, la demande, elle, ne cesse d’augmenter.

Une fiscalité jugée restrictive

En cause : une fiscalité devenue, d’après BFMTV, de moins en moins attractive pour les propriétaires bailleurs. De quoi inciter certains à vendre leur bien. Ces logements sont ainsi souvent acquis pour être occupés par leurs nouveaux propriétaires, ce qui les fait sortir définitivement du marché de la location.

D’autres bailleurs quittent le marché locatif traditionnel pour rechercher une meilleure rentabilité ou optimiser leur fiscalité. Le recours à la location de courte durée, notamment via Airbnb entre autres, apparaît dans ce contexte comme bien plus rémunérateur.

Un nouveau dispositif fiscal vient d’être créé afin d’inverser la tendance, mais il reste, pour l’instant, beaucoup trop timide pour produire un effet significatif. À cela s’ajoutent la lutte contre les passoires thermiques et les obligations de rénovation énergétique.

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