Facture salée pour SoftBank, principal investisseur de WeWork

Le géant japonais des télécommunications a dû verser 1,5 milliard de dollars aux créanciers de la plateforme américaine de coworking, quelques jours seulement avant le dépôt de bilan de cette dernière. Un énième investissement à perte ?

 

Le mariage SoftBank-WeWork aura manifestement fait ponter ce dernier jusqu’au bout. C’est en tout cas ce que révèle une information du Financial Times (FT), mercredi 8 novembre 2023.

 

Le quotidien britannique d’informations financières indique en effet que le conglomérat japonais a contribué au financement de l’entreprise américaine de location de bureaux à hauteur de 1,5 milliard de dollars, quelques jours avant sa mise en faillite annoncée, lundi 6 novembre en Amérique du Nord notamment.

 

Le pactole engagé fin octobre aurait été versé à certains de ses 517 créanciers, dont la banque d’investissement américain Goldman Sachs, indique le FT, dont les informations sont fondées sur l’analyse des documents de dépôt de bilan de WeWork.

 

Crainte d’investissements à perte

 

Il s’agit, à en croire le Financial Times, de l’exécution d’une lettre de crédit engagée par SoftBank en décembre 2019 afin de soutenir WeWork alors en grande difficulté. Une situation liée à des années de dépenses effrénées sous la direction de l’ancien responsable de la société, Adam Neumann.

 

Selon le quotidien britannique, les dirigeants de la holding japonaise voyaient l’exécution de la lettre de crédit comme le meilleur moyen de préserver leur investissement en actions alors chiffré à plus de neuf milliards de dollars à travers Vision Funds, fonds de capital-risque – l’un des plus grands au monde – au service de WeWork.

 

C’était d’autant plus impérieux pour le groupe nippon de sécuriser son argent qu’un précédent prêt de six milliards de dollars avait d’ores et déjà fait chou blanc dans la foulée première tentative infructueuse d’introduction en bourse de la société de coworking toujours en 2009.

 

Plus de 16 milliards de dollars grillés

 

Tout cela semble avoir finalement été vain à la lumière de la mise en faillite de WeWork, autrefois considérée comme une des meilleures réussites entrepreneuriales aux États-Unis et au-delà.

 

Le dernier versement de SoftBank porte à 16 milliards de dollars le total des financements octroyés par le conglomérat japonais à l’entreprise basée à New York, depuis le début de leur partenariat en 2017.

 

Un véritable gouffre financier, estime le Financial Times, qui évoque « un des pires investissements en capital-risque de l’histoire ». Il se pose désormais la question de savoir comment récupérer cette mise, malgré l’espoir de convertir une partie de l’investissement en capitaux propres au sein de la nouvelle WeWork.

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