France : le logement mis à l’épreuve par la chaleur
Les épisodes caniculaires influencent fortement les choix résidentiels des Français, au point que beaucoup envisagent en viennent tout simplement à changer de logement.
Un été après l’autre, la question du logement face aux fortes chaleurs s’impose comme l’un des sujets les plus sensibles de la période estivale en France. Cette année ne fait pas exception, bien au contraire. Jamais en effet, la chaleur n’avait autant mis à l’épreuve les Français à domicile.
Dans de nombreux cas, les matériaux de construction emmagasinent une chaleur importante, qui peine ensuite à se dissiper. Même avec les volets fermés, la fraîcheur ne parvient pas à s’installer durablement dans les pièces.
C’est notamment le cas de Daphné, une habitante de Lyon, dont le logement est classé C au diagnostic de performance énergétique (DPE), une note censée garantir un confort thermique satisfaisant.
Mais la réalité s’avère bien différente. Situé au 12e étage d’un immeuble et orienté à l’ouest, son appartement subit directement l’ensoleillement de l’après-midi. « J’ai le soleil qui commence à taper entre 13 et 14 heures », explique-t-elle à M6.
La chaleur, nouvelle hantise des foyers
Résultat : la température atteint jusqu’à 30 degrés la nuit à l’intérieur, rendant le repos difficile. « J’ai passé la nuit à avoir très chaud et à être dérangée par les moustiques, donc aucun sommeil réparateur », confie-t-elle.
Selon M6, des millions de foyers pourraient être confrontés à ce type d’inconfort thermique chronique, avec des conséquences potentiellement graves sur la santé, notamment lors des épisodes caniculaires.
Dans ce contexte, l’idée de déménager s’impose tout naturellement. D’après les chiffres de l’Observatoire Leroy Merlin cités par BFM Business, près de 19 millions de personnes ont déjà dû quitter temporairement leur logement en raison de températures jugées insupportables.
Selon l’Observatoire de l’habitat d’Homki Finance, 51% des Français considèrent désormais la chaleur comme le principal risque pesant sur leur logement, devant les tempêtes et le froid. Une proportion supérieure à celle observée dans la plupart des autres pays européens.
Un marché immobilier déjà sous tension
La tendance est encore plus marquée en Île-de-France, où la chaleur urbaine, accentuée par le phénomène d’îlot thermique, pousse de nombreux habitants à repenser leur lieu de vie.
Sur le terrain, les agences immobilières observent déjà cette évolution des attentes des acheteurs et des locataires. Avant même une visite, la question de la présence d’une climatisation revient désormais fréquemment.
Un critère autrefois secondaire, qui s’impose aujourd’hui comme un argument déterminant. Les zones privilégiées dans ces arbitrages sont, sans surprise, les littoraux de la façade atlantique et les régions de moyenne montagne, réputées pour leur climat plus tempéré en été.
Dans ces territoires, le prix moyen du mètre carré atteint désormais 4 000 euros, contre environ 3 000 euros à l’échelle nationale, à en croire BFM Business.
