L’avenir incertain de Binance en Europe

La plateforme d’échange de cryptomonnaies pourrait se retrouver privée d’autorisation pour opérer sur le continent, faute de se conformer pleinement au nouveau cadre réglementaire en vigueur.

Binance bientôt bannie de l’Union européenne ? Une réponse plus claire devrait émerger dès le 1er juillet, même si la tendance actuelle penche vers l’affirmative. Selon Reuters, la Commission hellénique des marchés de capitaux (HCMC) s’apprête en effet à rejeter la demande de licence de la plateforme.

Le régulateur grec joue un rôle clé comme point d’entrée dans l’Union dans le cadre du règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), premier dispositif juridique complet dédié aux cryptoactifs au niveau européen.

Ce cadre vise à harmoniser les règles, renforcer la sécurité juridique, protéger les investisseurs et encadrer le développement du secteur. Il impose aux opérateurs de se mettre en conformité d’ici fin juin, sous peine de ne plus pouvoir exercer sur le territoire européen.

Les raisons précises de ce refus imminent ne sont pas officiellement détaillées, mais plusieurs sources évoquent des réserves liées au passif de l’entreprise, leader mondial du secteur.

Un passé judiciaire qui pèse

Le régulateur grec — en coordination avec ses homologues irlandais et lettons — aurait exprimé des inquiétudes concernant les dispositifs de lutte contre le blanchiment ainsi que la capacité du cofondateur Changpeng Zhao à répondre aux exigences de « compétence et d’honorabilité » prévues par MiCA pour les dirigeants et actionnaires.

Cet aspect est d’autant plus sensible qu’en 2023, Binance a plaidé coupable aux États-Unis pour des violations des règles anti-blanchiment et des sanctions internationales, acceptant de verser plus de 4,3 milliards de dollars d’amende, l’une des plus lourdes jamais infligées à une entreprise.

Changpeng Zhao a également quitté ses fonctions de PDG, reconnu sa responsabilité pénale, purgé une peine de quatre mois de prison sous l’administration Biden, avant d’être gracié par le président Donald Trump en octobre 2025.

Des millions d’utilisateurs concernés

Il reste toutefois actionnaire majoritaire, avec environ 90% du capital de la plateforme. Par ailleurs, une enquête est en cours en France pour des soupçons de blanchiment aggravé, tandis que l’entreprise est interdite d’activité au Royaume-Uni depuis 2021.

Autant d’éléments susceptibles de fragiliser son dossier. L’article 63 du règlement MiCA permet en effet aux autorités nationales de refuser une autorisation si la direction présente un risque pour la gestion saine de l’entreprise, la protection des clients ou l’intégrité du marché.

Pour une plateforme revendiquant plus de 300 millions d’utilisateurs à l’échelle mondiale, une exclusion du marché européen aurait des conséquences significatives. Pour les détenteurs d’actifs numériques, une fermeture administrative pourrait entraîner des restrictions temporaires d’accès aux fonds, voire des blocages pendant la phase de transition, même en cas d’engagement de l’entreprise à honorer ses obligations.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *