Bourse : Samsung déçoit malgré un bénéfice historique
Des résultats records pour un troisième trimestre consécutif n’ont pas suffi à convaincre des marchés de plus en plus sceptiques quant à la durabilité du boom de l’intelligence artificielle.
Samsung Electronics a publié ce mardi 7 juillet, des résultats préliminaires pour le deuxième trimestre nettement supérieurs aux attentes des analystes. Le géant sud-coréen de l’électronique affiche un bénéfice d’exploitation de 89 400 milliards de wons, soit environ 58 milliards de dollars, contre un consensus situé autour de 55 milliards.
Selon l’analyste Masahiro Wakatsuki de Bloomberg Intelligence, cité dans l’émission The Asia Trade sur Bloomberg TV, cette performance dépasse les prévisions d’environ 6%, avec une marge opérationnelle atteignant 52%.
Il souligne même que les résultats pourraient être encore meilleurs, ceux-ci intégrant des coûts exceptionnels liés à des primes versées aux employés au premier semestre.
À l’origine de cette forte progression figure l’explosion de la demande en puces mémoire, portée par la course mondiale à l’intelligence artificielle. Entre avril et juin, les prix des DRAM ont augmenté d’environ 40%, tandis que ceux des NAND ont bondi de 50%, selon les données rapportées par la correspondante de Bloomberg à Hong Kong, Sang Yi.
Des perspectives attractives
Cette hausse des prix confère à Samsung, ainsi qu’à ses concurrents SK Hynix et Micron, un important pouvoir de fixation tarifaire. Ces acteurs se trouvent en effet au cœur d’un goulet d’étranglement mondial dans la production de puces destinées aux centres de données.
D’après des analystes cités par Reuters, la pénurie de semi-conducteurs mémoire pourrait encore s’intensifier cette année et la suivante, de quoi soutenir les prix. Plusieurs clients chercheraient par ailleurs à sécuriser leurs approvisionnements via des contrats de long terme.
Dans le même temps, Goldman Sachs estime, dans une note relayée par l’agence de presse britannique, que les investissements liés à l’IA des grands groupes technologiques américains, comme Microsoft ou Meta, pourraient dépasser 5 000 milliards de dollars d’ici 2030. Les perspectives apparaissent donc favorables pour des entreprises comme Samsung.
Un scepticisme boursier malgré des chiffres records
Malgré ces performances, l’action du groupe sud-coréen a reculé jusqu’à 10% sur les marchés asiatiques. Cette réaction apparemment paradoxale s’explique par plusieurs facteurs.
Le premier tient aux craintes de surproduction, alors même que les investissements restent soutenus. Les investisseurs s’interrogent également sur la capacité des géants technologiques à maintenir durablement un tel niveau de dépenses dans les infrastructures liées à l’IA.
Ces doutes sont renforcés par des informations du Financial Times selon lesquelles Meta envisagerait de revendre une partie de sa capacité de calcul excédentaire, signe possible d’un surinvestissement.
Enfin, ce repli illustre un phénomène bien connu des marchés, souvent résumé par l’expression « buy the rumor, sell the news », où des attentes élevées, nourries par plusieurs trimestres exceptionnels, deviennent difficiles à dépasser.
