Californie : la taxe sur les milliardaires qui pourrait rapporter de l’argent à Zuckerberg
Alors qu’il craignait de devoir quitter l’État afin d’échapper au potentiel impôt sur la fortune en Californie, le patron de Meta devrait finalement s’en mettre plein les poches grâce à celui-ci. La clé ? Un deal plutôt original conclu avec son entreprise.
Ou comment se sortir d’une situation potentiellement coûteuse de façon avantageuse. Et cette fois-ci, les gains pourraient se chiffrer en plusieurs millions de dollars. Alors que le projet de nouvelle taxe visant les milliardaires s’apprête à être soumis au vote en Californie, Mark Zuckerberg n’aura pas à s’exiler comme bon nombre de ses pairs fortunés pour y échapper.
À force de se plaindre de cet impôt – connu sous le nom de « Proposition 40 » – qui pourrait lui coûter plus d’une dizaine de milliards de dollars, le PDG de Meta a fini par convaincre son entreprise d’agir pour l’en prémunir.
Selon un document réglementaire publié mercredi 21 octobre, le groupe technologique a mis en place une nouvelle classe d’actions sans droit de vote – de catégorie C – au bénéfice de chaque actionnaire, proportionnellement à sa participation existante.
Un montage pensé pour préserver le contrôle du fondateur
Ce dispositif permettra à Zuckerberg de vendre des titres pour réunir les liquidités nécessaires au paiement de l’éventuel impôt californien, sans réduire sensiblement sa domination en matière de droits de vote.
L’accord l’autorise à céder immédiatement 20% de ses nouvelles actions de catégorie C, ce qui représente 10% de sa participation économique totale dans Meta. Les restrictions portant sur les 80% restants seront progressivement levées au cours des huit années pendant lesquelles il s’est engagé à résider au même endroit que sa société.
« L’objectif est que Zuckerberg continue de diriger l’entreprise depuis la Californie et à proximité de Meta Superintelligence Labs », affirme le document cité par Wired, en référence à ce mécanisme mis en place par un comité spécial du conseil d’administration de Meta, composé notamment de Tony Xu, directeur général de DoorDash.
La crainte de l’éloignement comme motivation
La naissance de cette ingénierie financière s’expliquerait, selon Meta, par la crainte que l’éloignement de son fondateur n’entrave le fonctionnement de la société.
« Le comité spécial avait à l’esprit les difficultés rencontrées par l’entreprise pendant la pandémie de Covid-19, lorsque Zuckerberg ne pouvait pas être physiquement présent auprès de l’équipe de direction, et ne souhaitait pas que l’entreprise soit confrontée à des difficultés similaires à l’avenir », précise le groupe.
Meta traverse une période de défis sans précédent et de concurrence féroce dans le secteur de l’intelligence artificielle. Ainsi, sur le seul trimestre de juillet à septembre, l’entreprise a consacré près de 34,9 milliards de dollars à des investissements, principalement dans les centres de données et les infrastructures d’IA.
Elle prévoit de dépenser jusqu’à 145 milliards de dollars cette année. Mark Zuckerberg détient environ 13,4% du capital de Meta, mais 60,6% des droits de vote. Sa fortune est estimée à 222,8 milliards de dollars selon le classement en temps réel de Forbes.
