L’Europe ploie sous la crise du logement

Se trouver un toit tend à devenir un luxe que peu de personnes peuvent désormais s’offrir dans plusieurs pays d’Europe. À tel point que Bruxelles est obligée d’intervenir pour tenter de soulager la pression qui pèse de plus en plus sur les ménages.

« Ce qui se respire dans les rues, c’est une nouvelle énergie, une énergie que nous n’avions pas vue depuis longtemps, une énergie qui vient démontrer que huit jours de pouvoir populaire sont capables de faire bien plus que huit ans de gouvernement progressiste ».

C’est avec satisfaction que Valeria Racu évoque, dans des propos rapportés le 3 octobre par Le Monde, la marée humaine (entre 50 et 70 000 personnes selon les sources) qui a déferlé à Madrid et dans plusieurs autres villes espagnoles ce jour-là pour revendiquer le droit au logement.

Pour cette femme, l’une des porte-parole du Syndicat des locataires à l’origine de ce mouvement de colère, il n’y avait pas de meilleur moyen d’interpeller les autorités, tant le ras-le-bol est profond. Selon des chiffres présentés par France 24, le loyer représente en moyenne 74% du salaire dans le pays.

Et pourtant, l’Espagne apparaît relativement épargnée par la crise qui sévit sur l’ensemble du continent, malgré la cherté du mètre carré dans ses principales villes ; Soit 29,9 euros à Barcelone, contre 27,1 euros à Madrid.

Plus d’une décennie de hausse

D’après les données d’Eurostat citées par France 24, les loyers flambent dans l’Union européenne depuis 2010. L’augmentation cumulée a ainsi atteint 25% pour les Vingt-Sept en 2024, puis 29% en 2025.

Parmi les villes les plus coûteuses figurent Luxembourg (43,4 euros par mètre carré), Paris (32 euros) et Dublin (31,7 euros). La tendance est encore plus marquée s’agissant des maisons, dont le prix a connu une progression de 53% en moyenne entre 2010 et 2024.

La Hongrie et l’Estonie se démarquent avec plus de 200% de hausse. Parallèlement, le niveau de vie ne suit pas la même trajectoire. En Espagne, Marie Carmen Abascal est devenue le catalyseur de la grogne sociale.

La Commission européenne s’empare du sujet

Cette Madrilène de 87 ans a en effet été contrainte de quitter le logement où elle vivait depuis 70 ans après une augmentation de son loyer de 275% par les nouveaux propriétaires. De quoi porter l’ardoise mensuelle à 2 650 euros.

Face à cette situation qui menace de déstabiliser de nombreux gouvernements — à l’instar de celui de l’Espagne, qui tangue sérieusement —, l’Union européenne s’est récemment emparée du sujet en initiant une proposition de loi, au terme d’une « vaste consultation publique » organisée en 2025.

Baptisé « Affordable Housing Act », le texte vise à préserver l’accessibilité financière et la disponibilité des logements. Il cible notamment les locations de courte durée, comme celles proposées sur Airbnb, ainsi que les biens vacants.

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