Total lâche (enfin) la Birmanie

Le géant français se retire du controversé projet gazier birman dont il était un des principaux actionnaires et opérateurs. L’épilogue d’une position devenue intenable pour la major pétrolière dans ce pays sous coupe réglée des militaires.

Clap de fin pour TotalEnergies à Myanmar. Le fleuron français du pétrole et du gaz a annoncé, vendredi 21 janvier, son retrait de la plateforme gazière de Yadana, située au large de la côte sud-ouest du pays d’Asie du Sud-Est, évoquant un contexte local de défavorable.

La Birmanie longtemps dirigée par les militaires, a à nouveau été mise au ban de la communauté internationale en février 2021, suite au renversement du gouvernement civil dirigé par l’ancienne lauréate du prix Nobel de la paix, Aung San Suu Kyi. Cette dernière est depuis détenue au secret par la junte militaire. Au grand dam des gouvernements étrangers qui multiplient les cris d’orfraie.

Dos rond

Présent dans le pays depuis 1992, Total avait été pointé plusieurs fois du doigt par les militants des droits humains pour son soutien présumé au pouvoir. En cause, des centaines de millions de dollars régulièrement versés aux maîtres de Rangoun en taxes et en contrepartie des projets exploités sur place. Le champ de Yadana en particulier.

Situé dans le golfe de Martaban, ce projet gazier est géré par le groupe français à raison de 31,24 % d’actionnariat. Suivent PTTEP, filiale de la firme énergétique thaïlandaise PTT, Myanmar Oil and Gas Enterprise, ainsi que l’Américain Chevron dont la participation se chiffre à 28 %. La société californienne a également annoncé son retrait du projet, dans la foulée de la décision de Total.

Volte-face

Malgré les critiques envers la junte accusée de multiples exactions, Total n’a jamais voulu partir de la Birmanie. En raison des considérations financières ? Non, objecte un porte-parole auprès de Reuters, indiquant notamment que les chiffres de l’entreprise à Myanmar étaient de 105 millions de dollars en 2021. Soit moins de 1% de ses revenus globaux. L’entreprise du CAC 40 ayant toujours mis en avant, comme raison de sa présence sur place, sa contribution dans la fourniture d’énergie électrique à une partie non-négligeable de la population locale.

Il n’en reste pas moins vrai que cette posture devenait de moins en moins défendable, au fil du retrait d’autres groupes étrangers du pays. À l’image de Shell, Telenor ou encore Voltalia, qui ont tous claqué la porte ces derniers mois.

Les autorités birmanes n’ont toujours pas officiellement réagi à l’annonce de TotalEnergies, effective dans six mois.

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