L’opération séduction de Deliveroo

L’entreprise britannique en instance d’introduction en bourse a décidé de rétribuer un grand nombre de ses livreurs selon des critères définis. Une initiative sans doute destinée à faire passer la plateforme beaucoup critiquée quant à la précarisation de ses employés, pour une bonne samaritaine.

Deliveroo va accorder des primes à ses livreurs en perspective de son entrée prochaine en bourse. C’est ce qu’a fait savoir l’entreprise dans un communiqué. Il s’agit selon les responsables de la plateforme de livraison de repas opérant dans plusieurs pays à travers le monde de montrer de la gratitude envers les collaborateurs. Pour avoir droit à cette prime, il faudra satisfaire à deux conditions : avoir plus d’un an d’ancienneté au sein de la société et avoir effectué au moins 2000 commandes.

L’enveloppe consacrée à cette initiative est de 16 millions de livres à répartir sur l’ensemble des pays où l’entreprise est basée. Cela devrait concerner 36.000 livreurs sur les 100.000 que compte la société. Et cette mesure représente un gain de 440 livres environ par livreur en moyenne.

Du succès et des polémiques

Cette entrée prochaine en bourse de Deliveroo témoigne du succès de l’entreprise créée il y a huit ans par William Shu, américain basé à Londres. La plateforme avait déclaré en janvier dernier valoir plus de 7 milliards de dollars sur le marché. Une valorisation pour laquelle 2020 a dû grandement contribuer, puisque l’entreprise s’était enorgueillie d’une année florissante, sans toutefois communiquer de chiffre. Un succès somme toute logique dans ce contexte pandémique marqué par des restrictions de déplacement. D’autant plus qu’Amazon avait annoncé en août dernier une prise de participation de 16% du capital de la société.

Deliveroo s’est fait connaitre grâce aux livraisons de repas cuisinés par les 115.000 restaurants avec lesquels elle travaille. Mais la société londonienne entend investir prochainement le secteur de la livraison des produits alimentaires, encouragée par la forte demande née de la crise sanitaire.

Cette réussite contraste toutefois avec sa réputation auprès des syndicats de travailleurs notamment. La société avait en effet été condamnée par la justice française l’année dernière à 30 000 euros d’amende pour fraude sur le Code du travail d’un de ses livreurs. L’épilogue d’une bataille judiciaire engagée depuis 2016 et qui met en lumière le traitement infligé par nombreuses entreprises du secteur de la livraison à leurs employeurs.

Des cas similaires existent en Espagne et en Belgique entre autres, à propos des contrats de travail litigieux proposés aux travailleurs par certaines plateformes évoluant dans le même secteur que Deliveroo.

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