Coronavirus : les prix de l’immobilier devraient baisser

 

Jusqu’à très récemment orientés à la hausse, les prix de l’immobilier pourraient baisser dans les prochaines semaines, en raison de la crise du coronavirus. Les notaires estiment qu’une correction de 5 à 10 % des prix interviendra.

Un scenario similaire à la crise de 1990-1997 ?

Après la crise sanitaire, la crise boursière et la crise économique, le coronavirus menace maintenant les Français d’une crise immobilière. En effet, bien que la pierre soit l’un des secteurs considérés comme refuge en France, les prix pourraient baisser dans les prochaines semaines à cause des ravages de la pandémie. Selon François Humbert, président du Conseil supérieur du notariat, « On devrait connaître une crise comparable à celle de 2012-2013 avec une correction des prix de 10% à 15% ».

Et la situation va certainement s’empirer. « Si le confinement venait à durer deux mois, ce serait en revanche une vraie catastrophe. N’oublions pas que la crise de 1990-1997 a vu les prix chuter de 50% à Paris et le nombre de ventes dans des proportions identiques », met en garde le président du Conseil supérieur du notariat. Au niveau national, la crise immobilière à la fin des années 90 avait provoqué une baisse de 14% des prix des logements anciens et une chute de 23% du nombre de ventes de biens anciens, d’après les indices du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD).

« Nous faisons face à un très grand nombre de rétractations »

François Humbert impute cette baisse prochaine des prix de l’immobilier par la chute brutale des transactions à cause du confinement des acheteurs et des vendeurs, mais aussi des professionnels du secteur, qui ont dû fermer leurs portes et stopper les visites de logements. Ils sont également obligés de suspendre les déplacements à domicile pour évaluer le prix d’un bien ou prendre des photos.

Une autre raison : les banques, confrontées à la baisse des effectifs disponibles, doivent réduire la voilure, alors qu’elles s’apprêtent à être sollicitées par les entreprises. Celles-ci pourront demander des lignes de crédits supplémentaires garantis par l’Etat.

En outre, « Nous faisons face à un très grand nombre de rétractations de personnes qui viennent de signer des avant-contrats, des promesses et préfèrent se rétracter dans le délai légal de dix jours, inquiètes par la tournure des événements », s’alarme François Humbert.

Le malheur des uns fait le bonheur des autres

Dans ce contexte, certains notaires se contentent maintenant d’assurer la signature des compromis de vente, tandis que d’autres organisent des visioconférences entre acheteurs et vendeurs, qui donnent procuration à l’un des collaborateurs de l’étude pour signer le compromis.

Cette situation n’arrange pas les propriétaires actuels, surtout ceux des zones déjà peu prisées. Ils pourraient voir chuter la valeur de leur patrimoine. En revanche, la baisse des prix de l’immobilier serait une bonne nouvelle pour les futurs acquéreurs, compte tenu de l’envolée forte ces dernières années des prix des logements, essentiellement dans les métropoles.

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