Sundar Pichai, le PDG à 692 millions de dollars
Le conseil d’administration d’Alphabet, la maison-mère de Google, a validé une revalorisation massive de la rémunération de son directeur général, récompensant une décennie de croissance spectaculaire et un repositionnement réussi sur l’intelligence artificielle.
Le conseil d’administration d’Alphabet, maison-mère de Google, a approuvé le vendredi 6 mars un nouveau plan de rémunération pour son directeur général, Sundar Pichai, 53 ans, portant son gain potentiel à 692 millions de dollars sur les trois prochaines années.
Ce dispositif s’appuie sur une architecture financière à plusieurs paliers, conçue pour aligner les intérêts du dirigeant avec ceux des actionnaires. La part essentielle repose sur des actions, dont une large portion en « Performance Stock Units » (PSU), avec une valeur cible de 126 millions de dollars.
Ce mécanisme est directement corrélé à la performance relative d’Alphabet face aux autres sociétés composant le S&P 100. Concrètement, en cas de surperformance, la valeur de ces unités peut doubler pour atteindre 252 millions de dollars ; en cas de résultats décevants, elle peut être ramenée à zéro.
Waymo et Wing, nouveaux leviers d’un plan tourné vers l’avenir
Même dans le scénario le plus défavorable, Pichai percevra un minimum de 391 millions de dollars en salaires et actions sur la période triennale. À cette somme s’ajoutent 84 millions de dollars d’actions restreintes, libérables chaque mois.
L’élément novateur de ce contrat réside dans l’introduction d’incitations inédites, directement liées à la performance de deux filiales stratégiques d’Alphabet. Pour la première fois, des bonus en actions dépendront de la progression de Waymo, la division spécialisée dans les véhicules autonomes, et de Wing Aviation, dédiée à la livraison par drone.
La valeur cible attribuée à Waymo avoisine les 130 millions de dollars, tandis que Wing se voit allouer environ 45 millions de dollars. Ces montants, évalués sur la base de leur valeur future dans trois ans, pourront être portés jusqu’à 200 % en cas de résultats exceptionnels.
« Waymo et Wing relèvent d’immenses défis dans la conduite autonome et la livraison, et ont réalisé de grands progrès sous la supervision de M. Pichai. Le motiver davantage est dans le meilleur intérêt d’Alphabet et de ses actionnaires », a déclaré le conseil d’administration dans un communiqué relayé par le Financial Times.
Un parcours sans équivalent malgré les turbulences
Lorsque Sundar Pichai accède à la tête de Google en août 2015, la capitalisation boursière d’Alphabet avoisine 535 milliards de dollars. Elle approche aujourd’hui les 3 600 milliards, soit une multiplication par sept en moins d’une décennie. En janvier 2026, elle a même franchi, brièvement, le cap symbolique des 4 000 milliards de dollars.
Le parcours n’a pourtant pas été exempt de difficultés. Lors du lancement de ChatGPT par OpenAI, le PDG avait fait l’objet de critiques pour la lenteur de la riposte de Google face à la montée fulgurante de l’intelligence artificielle générative.
Mais il a su renverser la situation. En intégrant avec succès des modèles d’IA avancés au cœur du moteur de recherche, il a démontré la capacité d’adaptation et la réactivité d’Alphabet.
Sur le plan juridique, il est également parvenu à limiter les effets des multiples procédures antitrust intentées aux États-Unis contre les activités de recherche et la boutique d’applications du groupe.
