La course pour le rachat de Warner Bros. relancée
Paramount réussit le tour de force de ramener le géant américain des médias à la table des négociations grâce à une offre améliorée, destinée à supplanter Netflix dans le cadre de ce feuilleton d’acquisition à rebondissements.
La bataille des offres autour de Warner Bros. Discovery (WBD) a franchi un nouveau cap, mardi 24 février 2026, avec l’annonce par le groupe de la réception d’une proposition jugée suffisamment attractive pour justifier la reprise des négociations avec Paramount Skydance (PSKY).
En plus d’élever son prix à 31 dollars par action – contre 27,75 dollars pour Netflix –, le conglomérat dirigé par David Ellison a revalorisé sa clause de rupture, l’engageant à verser une indemnité conséquente si l’opération venait à échouer pour des raisons réglementaires.
Celle-ci passe de 5,8 à 7 milliards de dollars, offrant au conseil d’administration de WBD un filet de sécurité bien plus solide.
Ce geste illustre la confiance — ou du moins la détermination — de Paramount à mener l’opération à terme, quitte à assumer un risque financier important. Mais la mesure la plus frappante reste l’engagement du groupe hollywoodien à verser 2,8 milliards de dollars à Netflix pour racheter son accord avec Warner Bros. Discovery.
Paramount sort l’artillerie lourde
Autrement dit, Paramount est prêt à payer pour défaire le deal de son concurrent avant même que le sien ne soit signé. Un signal sans équivoque de l’importance stratégique que revêt cette acquisition aux yeux de la société.
La nouvelle offre supprime par ailleurs toute clause de material adverse effect liée aux chaînes câblées de Warner Bros. Discovery. PSKY renonce ainsi à tout droit de retrait si les performances de ces actifs se détériorent avant la finalisation du contrat.
L’offre intègre également une ticking fee, une clause prévoyant une augmentation automatique de la valeur offerte par action à chaque trimestre écoulé à partir du 1er octobre prochain. Ce mécanisme accentue encore un peu plus la pression sur Netflix, qui doit décider rapidement si elle entend se battre, et à quel prix.
Warner Bros. joue la montre
Surenchérir impliquerait en effet de revoir significativement à la hausse une offre déjà conséquente. Malgré l’ampleur de l’offre de Paramount, le conseil d’administration de Warner Bros. Discovery ne semble pas encore totalement convaincu. Selon certains analystes, le board estime qu’il dispose encore d’une marge de manœuvre pour arracher de meilleures conditions auprès de chacun des acquéreurs potentiels.
« Nous informerons nos actionnaires à l’issue de l’examen du Conseil d’administration. L’accord de fusion avec Netflix reste en vigueur, et le Conseil continue de recommander la transaction. Il est conseillé aux actionnaires de WBD de ne prendre aucune mesure pour le moment concernant l’offre publique d’achat modifiée de PSKY », indique le conglomérat médiatique dans un communiqué.
La procédure prévue dans ce type de négociation impose cependant un calendrier. Si le conseil d’administration juge formellement que l’offre de Paramount est « supérieure » à celle de Netflix, ce dernier disposera alors de quatre jours pour répondre et soumettre une contre-offre. Un délai court, mais suffisant pour relancer les enchères.
