Pour Shell, il vaut mieux Londres que les Pays-Bas

Le géant pétrolier a obtenu l’accord des actionnaires à propos du déplacement de son siège au Royaume-Uni, dont l’assiette fiscale est réputée plus souple. Une décision fortement critiquée dans son pays natal des Pays-Bas.

Que ne ferait-on pas pour de meilleures conditions financières, qu’importe si cela implique de devoir abandonner sa résidence historique. Shell ou plus précisément Royal Dutch Shell, a obtenu vendredi 10 décembre, à une écrasante majorité, l’approbation des actionnaires au sujet de sa décision de déménager de La Haye aux Pays-Bas vers le Royaume-Uni.

La proposition qui avait besoin d’une majorité de 75% des votes s’est soldée par une adhésion massive exprimée à 99,77% par les votants, à la grande satisfaction des dirigeants. Il reste au conseil d’administration d’avaliser le plébiscite d’une décision censée entrer en vigueur l’année prochaine au plus tôt.

Implications majeures

En plus du siège à délocaliser à Londres où elle est également enregistrée au regard de sa double structure, l’entreprise devrait changer de nom. Elle abandonnera ainsi Royal Dutch pour ne garder que Shell comme dénomination. Ses hauts cadres devraient aussi déménager dans la capitale britannique.

À travers cette réforme annoncée à la mi-novembre à la surprise générale, Shell fondée en 1907, acte donc la fin de sa longue histoire avec les Pays-Bas dont elle contribue grandement à l’économie via le paiement d’impôts notamment.

Attractivité de Londres

Les taxes seraient justement à l’origine de ce départ, à en croire les commentaires du président du conseil d’administration, Andrew Mackenzie, il y a quelques semaines. Le dirigeant britannique avait en effet admis que le récent refus de suppression de l’impôt sur les dividendes (15%) par le gouvernement néerlandais comptait parmi les motifs de la délocalisation de Shell à Londres. Avec son assiette fiscale moins contraignante que certains États occidentaux, le Royaume-Uni est particulièrement attrayant pour certaines grosses entreprises, notamment pour conclure les opérations de vente ou d’acquisition. Unilever a ainsi précédé Shell dans cette initiative d’abandon des Pays-Bas l’année écoulée.

Sortir de La Haye pourrait également permettre à la major pétrolière, même si ses dirigeants s’en défendent, de desserrer l’étau des défenseurs du climat autour d’elle aux Pays-Bas. La justice néerlandaise l’ayant sommé en mai, dans une décision majeure pour une firme énergique, d’approfondir ses réductions de gaz à effet de serre conformément aux objectifs de l’accord de Paris.

Des manifestants massés devant le lieu où se déroulait le vote de vendredi à Rotterdam étaient notamment munis de banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « Vous ne pouvez pas vous cacher de la justice climatique ».

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