Vivendi et Mediaset, la paix des braves

Les deux entreprises ont convenu lundi 3 mai d’un accord à l’amiable, mettant fin à près de cinq années de litiges devant la justice. Une hostilité partie d’un projet qui paraissait pourtant alléchant.  

Tout est bien qui finit bien. Après des années de tension, Vivendi et Mediaset enterrent la hache de guerre. Les deux mastodontes européens des médias ont annoncé la fin de leur bataille dans un communiqué conjoint, lundi 3 mai. Un accord de bon voisinage prévoyant une coexistence pacifique d’une durée de cinq ans dans le cadre de la télévision gratuite, a notamment été signé par les deux parties. Vivendi va également verser via sa filiale Dailymotion, 26,3 millions d’euros à Mediaset dont les filiales RTI et Medusa étaient en conflit avec leur homologue français.

Par ailleurs, la maison-mère de Canal+ promet de se séparer des 19,19 % d’actions détenues dans Mediaset et qui en faisaient l’actionnaire majoritaire. Une telle opération verra sa participation au sein du groupe italien descendre à 4,61 %. La firme française devrait aussi lever le blocage du transfert du siège de Mediaset aux Pays-Bas où ce dernier souhaite regrouper ses activités italiennes et espagnoles et sa participation de 15,1% au sein de ProSiebenSAT1, une société allemande, dans une entité juridique néerlandaise appelée MFE (Media For Europe). Une manœuvre à laquelle Vivendi a toujours dit non, preuve du désamour entre ces deux groupes autrefois alliés dans un projet à fort potentiel économique, du moins sur le papier.

Unis contre Netfix

À l’origine de l’union entre le groupe de la famille Silvio Berlusconi et celui de Vincent Bolloré en 2016 se trouvait Netflix. Il s’agissait pour les deux hommes d’affaires via leurs entreprises respectives de s’organiser pour contrecarrer les plans du leader mondial du streaming dont l’appétence devenait trop vorace à leurs yeux. D’autant plus que Silvio Berlusconi et Vincent Bolloré étaient en mauvaise posture sur leur marché respectif. Les deux hommes s’étaient donc convenus de créer un Netflix européen à même de concurrencer l’américain. Mais l’accord qui incluait le rachat de la totalité de Mediaset Premium, bouquet de télévision payant de Mediaset, par Vivendi a très vite capoté. Et pour cause, le groupe de Bolloré s’était rendu compte que le bouquet n’avait pas autant de valeur que ça. S’en était alors suivie une guerre ouverte sur fond d’acquisition hostile de Mediaset par Vivendi.  Ainsi naquit un conflit auquel les justices italienne et européenne s’étaient mêlées avec tour à tour, des décisions pour ou contre les deux protagonistes.

Le nouvel accord signe la fin d’un projet sans doute à l’origine un peu trop ambitieux pour les deux magnats des médias.

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