Chez Amazon, la peur bleue du syndicalisme

Le numéro 1 mondial du e-commerce frémit à l’idée de voir ses employés de la région de l’Alabama aux États-Unis s’organiser prochainement en syndicat. Intimidations, menaces voilées, harcèlements, tous les moyens sont bons pour faire échouer cette initiative dont l’issue est attendue ce 29 mars.

Chez Amazon, on préfère ne pas avoir affaire au syndicat. Notamment aux États-Unis où le droit du travail n’a pas la même conception qu’en Occident. Par conséquent, lorsqu’une initiative émerge, on tente par tous les moyens de la faire échouer. C’est le cas en Alabama où des milliers de salariés du géant du commerce en ligne souffrent le martyre depuis plusieurs mois. Leur tort : avoir décidé de se syndiquer afin de mieux défendre leurs droits vis-à-vis d’un employeur qui n’en a bien souvent cure.

En effet, Amazon est réputée peu scrupuleuse concernant les conditions de travail de ses salariés souvent très précarisés. Cette mauvaise réputation a été d’ailleurs assez bien illustrée ces derniers mois dans la foulée de la crise sanitaire. En France par exemple, le ton est monté entre les autorités et les responsables de la firme américaine à propos du peu d’égard réservé aux employés dans un contexte de pandémie.

D’où la décision des employés d’un entrepôt Amazon de se coaliser en Alabama. Au grand désarroi de l’entreprise qui aura manifestement tout essayé ces derniers mois afin de faire capoter le projet.

Pression et intimidation constantes

Depuis l’approbation du principe de l’organisation d’un vote afin de décider de la création de leur syndicat, les salariés sont la cible de plusieurs manœuvres de la part d’Amazon. Harcèlement à travers des SMS, des affiches jusque dans les toilettes, pressions diverses, l’entreprise de Jeff Bezos a mis tout en œuvre pour faire échec à ce projet, perçu comme une menace pour elle et pour les Gafam en général. Car, la naissance de cette première organisation syndicale chez Amazon aux États-Unis pourrait susciter de l’engouement bien au-delà des portes du géant du e-commerce pour atteindre Google et autres. Un effet d’entraînement qui donnerait davantage de marge de manœuvre pour les salariés, souvent faibles face à ces mastodontes du web.

Pour ailleurs, les porteurs du projet en Alabama peuvent compter sur le soutien de plusieurs personnalités politiques, dont le Sénateur du Vermont, Bernie Sanders. L’élu socialiste et ex-candidat à la primaire démocrate n’a d’ailleurs pas ménagé les responsables d’Amazon, traités de peureux ces derniers jours.

Le scrutin pour décider de la création ou non du syndicat doit être clôturé ce 29 mars après de nombreux mois de vote par correspondance.

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