Coronavirus : Muriel Pénicaud appelle les Français à dépenser l’argent épargné pendant le confinement

 

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a appelé vendredi les Français à dépenser les 60 milliards d’euros « mis en épargne » pendant le confinement afin de « faire repartir » l’activité et « combattre » la crise économique et sociale qui se profile à l’horizon.

Dépenser son épargne pour relancer l’économie ? C’est une idée dans l’air du temps, reprise ce vendredi par Muriel Pénicaud. La ministre du Travail a appelé les Français à « ressortir » et « consommer » les 60 milliards d’euros « mis en épargne » pendant le confinement afin de « faire repartir » l’économie française. Sur Radio classique, elle a souligné que depuis la fin du confinement le 11 mai, l’activité a effectivement « redémarré » mais « c’est quand même très progressif » et insisté sur les risques que la crise sanitaire faisait peser sur l’économie et sur l’emploi.

La consommation des ménages a fondu d’un tiers

« Je pense qu’il faut en tant que Français qu’on ose consommer, qu’on ose ressortir, maintenant qu’il y a les conditions sanitaires » pour le faire et « qu’on arrive mieux à vivre avec le virus », a-t-elle poursuivi. Selon la ministre du Travail, il serait bien que l’argent épargné pendant le confinement « re-circule, parce que c’est ce qui va faire repartir le commerce, l’industrie, ça aidera beaucoup à la reprise d’activité ».

Des données publiées vendredi par l’Insee, indique que la consommation des ménages a fondu d’un tiers (33,7 %) au mois d’avril par rapport à celle du mois de février, et de 20,2 % par rapport à mars. Cette chute de la consommation, liée à la fermeture de nombreux commerces, a obligé les Français à épargner une partie plus importante de leurs revenus. Cet épargne de précaution a notamment bénéficié aux livrets A, qui ont connu en avril un record de collecte de près de 5,5 milliards d’euros.

Le chômage et la récession pourraient dissuader de consommer

D’après l’Insee, l’économie française a commencé à « reprendre son souffle », depuis le 11 mai, « après près de deux mois au ralenti ». Cependant, l’activité reste encore bien inférieure à son rythme de croisière. Par exemple « Dans le bâtiment, on est à un peu plus de 50 %, on n’est pas encore au maximum », a souligné vendredi Muriel Pénicaud. Elle ajoute que « l’industrie est à peu près à 60 %. Quant aux commerces, ils ont rouvert mais ils attendent encore les clients. Face à la crise économique et sociale, « je pense qu’on est armés mais il va falloir s’armer plus, et ça demande de la mobilisation collective », a-t-elle conclu.

Après des chiffres du chômage record (+22% au mois d’avril) et compte tenu des inquiétudes de la récession à venir, il n’est pas certain que l’appel de la Ministre du Travail soit largement suivi…

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