Crédit immobilier : La Banque de France reste vigilante sur les conditions d’emprunts

 

Dans une note publiée vendredi, la Banque de France a indiqué qu’elle reste particulièrement vigilante quant à l’évolution des conditions d’emprunts. Par ailleurs, elle s’est inquiétée du niveau d’endettement des ménages, qui est aussi élevé que la durée des prêts.

La Banque de France a publié vendredi une note dans laquelle elle constate que le montant du prêt moyen a encore progressé de 5% sur un an. Elle relève en outre que la durée des prêts et le taux d’endettement ont atteint des niveaux élevés.

Une progression continue de plusieurs indicateurs

Selon la Banque de France, les critères d’octroi du crédit immobilier « s’assouplissent » depuis des années, certains retrouvant même les niveaux de 2007-2008, dans un marché immobilier français très dynamique. Comme elle touche l’ensemble des emprunteurs, cet assouplissement progressif des conditions d’attribution des crédits « contribue à la dynamique des crédits et à une hausse des prix plus rapide que celle des revenus des ménages », écrit la Banque de France.

Aussi, le montant du prêt moyen lors de son octroi connait une augmentation « quasi ininterrompue depuis 2009 ». Il a ainsi atteint 170.200 euros en 2018, soit une hausse de 5% par rapport à 2017. Parallèlement, le montant moyen des prêts accordés aux acquéreurs déjà propriétaires et disposant de revenus plus élevés progresse. Il s’établit aujourd’hui à 8,6% en Ile-de-France et 4,6% en province.

En outre, constate la Banque de France, la durée des prêts accordés a grimpé pour la troisième année de suite. Il s’est maintenant fixé à 19,9 ans, soit le même niveau qu’en 2008. Même dynamique pour le taux d’endettement qui a atteint son plus haut depuis 2004. En 2018, il était de 5,2 ans, contre 4,8 ans en 2017, tiré vers le haut par la hausse du taux d’endettement moyen chez les primo-accédants et les acquéreurs déjà propriétaires. Notons enfin la montée, plus modérée de la part des charges liées à la résidence pour les ménages. Leur taux d’effort, soit le rapport entre les charges liées à l’habitation et les revenus, a atteint 30,1% en 2018.

Le marché français bénéficie d’une faible sinistralité

La Banque de France observe toutefois « un relâchement de certains critères d’octroi », en même temps que « le marché français du financement de l’habitat continue de bénéficier d’une faible sinistralité ». Elle note enfin la réduction des risques liés à une éventuelle remontée des taux à cause de l’octroi de la quasi-totalité des crédits à l’habitat à taux fixes.

Malgré tout, la banque centrale française et son organisme de contrôle des banques, l’ACPR, soulignent qu’ils « restent particulièrement vigilantes quant à l’évolution des risques liés au financement du marché de l’immobilier résidentiel » compte tenu aussi du niveau élevé de l’endettement des ménages.

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