Pour Epic Games et Apple, un procès au goût amer

Le contentieux judiciaire opposant depuis plusieurs mois les deux firmes de la Silicon Valley, s’est soldé vendredi 10 mai par un verdict sans vainqueur. Au grand dam de la partie accusatrice.

La décision la plus attendue dans le secteur américain de la tech ces derniers mois est tombée. À travers une injonction émise vendredi 10 septembre, la juge Yvonne Gonzalez Rogers a tranché le différend opposant Epic Games, entreprise éditrice du célèbre jeu vidéo Fortnite à Apple à propos du modèle économique de son magasin d’applications. La marque à la pomme est sommée par la justice de laisser aux développeurs d’application, dans un délai de 90 jours, la possibilité d’offrir à leurs utilisateurs des modes de paiement autre que celui présent sur l’App Store.

C’est un tournant majeur pour Apple, qui a toujours veillé à maintenir son mode de paiement actuel. Et pour cause, cela lui permet de prélever jusqu’à 30% de commission de chaque transaction effectuée sur les applications mobiles présentes sur l’App Store. Un système au coût prohibitif pour les éditeurs selon Epic Games qui accuse par ailleurs Apple de pratiques antitrust.

Epic déçu

Mais la justice n’est pas de cet avis. Selon cette dernière, Apple est bien coupable de manœuvre anticoncurrentielle pour avoir imposé aux éditeurs via son magasin d’applications, des restrictions sur le mode de paiement. Mais cela ne saurait le rendre coupable d’infraction des réglementations antitrust, fait savoir la juge Yvonne Gonzalez Rogers dans son verdict. De quoi rendre furieux Tim Sweeney, fondateur d’Epic Games. Ce dernier a fait part de sa déception à propos de la décision dès vendredi sur Twitter. Le quinquagénaire qui annonce faire appel, regrette notamment que le tribunal n’ait pas ordonné à Apple de permettre sur l’App Store, un système de paiement alternatif incorporé dans les applications.

Autre motif de déception pour l’accusateur d’Apple, la justice l’a épinglé pour avoir proposé pour Fornite lors que le jeu était encore présent sur l’App Store, son propre mode de paiement. Cela constitue à en croire la juge, une rupture unilatérale du contrat de licence passé avec Apple. Coût de cette infraction : 3,5 millions de dollars à verser à la firme de Cupertino.

Apple rit jaune

Apple s’est félicité de l’issue de ce procès qu’il estime à son avantage en insistant sur son respect des règles antitrust. Mais cette joie apparaît comme étant de façade en raison des incidences économiques que pourrait avoir l’ouverture de l’App Store à des modes de paiement alternatifs. Le magasin d’applications représente à ce jour environ 7% du chiffre d’affaires total du groupe et 14% de ses bénéfices.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.