Le bond en avant de 23andMe

La société pionnière de l’analyse du code génétique s’apprête à entrer en Bourse, 15 ans après sa création. Une nouvelle étape dans le processus de développement de la firme dont les méthodes ne plaisent pas toujours.

23andMe devrait bientôt voir sa valeur considérablement augmentée. La firme californienne qui a annoncé en décembre dernier avoir levé 82,5 millions de dollars devrait être prochainement valorisée à près de 3,5 milliards sur le marché. Et pour cause, la startup dirigée par Anne Wojcicki va entrer en Bourse grâce à son association avec Virgin Group, propriété de Richard Branson. Cette opération, si elle arrive à terme, devrait marquer une nouvelle étape dans le développement de l’entreprise de biotechnologie qui a beaucoup fait parler d’elle – et pas toujours en bien – ces dernières années.

Fondée en 2006, 23andMe s’est fait un nom à partir de l’analyse du code génétique en proposant aux particuliers de connaître leurs origines ancestrales contre 99 dollars, le tarif de base. Pour ce faire, le client désireux envoie à la société via la poste, un échantillon de salive à analyser. Quelques jours plus tard, son profil génétique complet lui est dressé.

Au fil des années, la trouvaille s’est popularisée. Plusieurs personnes curieuses d’en savoir davantage sur leurs origines ancestrales s’y sont soumises. D’Oprah Winfrey à Chris Rock, Don Cheadle sans oublier Whoopi Goldberg, nombreuses sont ces célébrités afro-américaines à avoir saisi l’occasion pour retrouver leur lignage en Afrique.

Vague de polémiques

Mais la généalogie récréative n’a pas toujours bonne presse. Elle est d’ailleurs interdite en France, sous peine d’une amende. Ailleurs dans le monde, plus le procédé se popularisait ces dernières années, plus les craintes quant à l’utilisation des données personnelles des individus grandissaient. Une situation dont 23andMe a souffert. Les ventes de kits ADN notamment, ont chuté au point de contraindre l’entreprise à licencier une centaine d’employés début 2020. Dans la même période, la cession des droits d’un nouveau médicament par Anne Wojcicki à une firme pharmaceutique espagnole a beaucoup fait parler. La raison : le médicament en question avait été produit grâce à l’utilisation par 23andMe des données personnelles recueillies auprès de ses utilisateurs. Le tollé était tel que le gouvernement américain avait mis en garde le public contre ces analyses ADN récréatives.

Depuis, la société a décidé d’explorer de nouvelles opportunités pour survivre. Le contexte de pandémie aidant, elle investit de plus en plus dans la recherche génétique en lien avec le coronavirus.

 

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