Confinement : l’essentiel de l’épargne effectué par 20 % des ménages les plus aisés

 

Selon une étude du Conseil d’analyse économique, 70 % du surcroît d’épargne réalisé pendant le confinement en France provient des 20 % de ménages les plus aisés. A l’inverse, les plus modestes n’ont pas réussi à épargner et ont même dû s’endetter entre mars et août.

Une baisse de la consommation pour les plus riches

Le Conseil d’analyse économique (CAE), un organisme rattaché à Matignon, a épluché les données bancaires (anonymisées) d’un échantillon de 300 000 ménages pour effectuer une photographie précise de l’attitude des foyers français en matière de consommation et d’épargne entre mars et août. Sans surprise, le CAE a observé une chute brutale de la consommation pendant la période du confinement, surtout chez les plus aisés. Leur consommation est en retrait par rapport à celle de 2019, à la même période. Un phénomène assez logique, puisqu’ils n’ont pas pu aller au-delà des « biens essentiels ». L’on pense notamment aux voyages, devenus impossibles à cause de la fermeture des frontières.

Pour ce qui concerne les ménages modestes, ils ont moins baissé leur consommation, puisque celle-ci se concentre plus sur les « biens essentiels ». Le CAE précise que la consommation a été mesurée par la somme des achats par cartes bancaires, des retraits d’espèces et des paiements par chèque. Elle n’intègre donc que peu les charges « fixes » des ménages, le plus souvent réglées par virement ou prélèvement (loyers, abonnements).

46,58 milliards d’euros d’épargne pendant le confinement

Cette chute de la consommation des ménages s’est traduite par une augmentation des soldes des comptes courants et des comptes d’épargne, tandis que l’assurance-vie a enregistré un net recul. L’étude du CAE montre que les Français ont pu épargner 46,58 milliards d’euros pendant le confinement. Cette épargne a surtout été placée sur les livrets d’épargne qui, malgré les taux faibles, restent relativement liquides et défiscalisés. En grande partie, elle a permis aux ménages de solder certains emprunts passés.

Mais derrière cette donnée générale se cache une grande disparité. En effet, il ressort que 70 % du surcroît d’épargne, soit 32 milliards d’euros, a été le fait de 20 % des ménages les plus aisés. Aussi, les 10 % des ménages qui avaient le plus consommé en 2019 sont à l’origine de plus de 50 % de l’épargne accumulée pendant la crise ! À l’inverse, les ménages les plus pauvres ou dont les revenus proviennent d’un CDD et de l’intérim ont été obligés, pendant cette période, de puiser dans leurs réserves ou de s’endetter davantage.

Selon les économistes du CAE, pour éviter que les inégalités se creusent encore plus, il est nécessaire de mettre en œuvre des dispositifs pour soutenir les ménages les plus modestes.

 

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